Plus que la pluie, le deux roues fait davantage partie du paysage shanghaïen car il circule même les jours de beau temps ! Mais le vélo traditionnel a fait place à sa version moderne, le vélo électrique ou mieux le scooter électrique. Ils sont des milliers à slalomer en tous sens sans grand respect du code de la route et encore moins des piétons. Ici le piéton, c’est une quantité négligeable quand on est au guidon d’un deux roues mais aussi pour les chauffeurs de voitures, taxis et bus ! Ce n’est pas parce que le petit bonhomme est vert aux feux de signalisation que cela donne un droit quelconque au piéton ! Si, celui de se faire écraser ! J’ai failli perdre la vie à plusieurs reprises !

Le deux roues est le moyen de transport n°1 en surface, car en dessous il y a l’efficace métro de Shanghai dont je vous parlerai prochainement !

Non seulement les feux tricolores égrènent les secondes qui vous restent à attendre ou à foncer, mais les 2 roues ont parfois leur propre signalisation et leurs couloirs de circulation ! Les bus s’arrêtent sur la chaussée (ici à hauteur de la trouée dans la haie) et en descendant du bus vous avez à traverser cette piste cyclable… malheur au rêveur ! Enfin ici pas de problème car la photo a été prise à 6 heures du matin !

Par temps de pluie, scooters et vélos circulent parapluie déployé, soit fixé sur le cadre soit tenu à la main et parfois téléphone dans l’autre main ! Mais ici le parapluie a subi une sorte de mutation génétique, de forme circulaire au départ, il a pris la forme d’une goutte d’eau en chute libre de manière à assurer une protection minimale au passager du deux roues ou des bagages transportés à l’arrière (voir photos). Je pense qu’avec la vitesse, le parapluie traditionnel s’est allongé et a pris cette forme aérodynamique ! Ils sont malins les parapluies chinois !

Le fameux parapluie shanghaïen adapté aux 2 roues !

Qui n'a pas son pépin n'est pas shanghaïen !

Oups ! un étranger surement !

Tout se transporte sur un deux roues par temps de pluie !

Le deux roues n'est pas l'apanage des seuls cols (mao) bleus !

Et tout cela roule sans bruit pour cause de traction électrique sauf les stridents coups de sonnette lorsqu’un obstacle quelconque se trouve sur la trajectoire de l’engin ! 98% des scooters sont électriques, 1 vélo sur deux l’est également. Ils se faufilent de partout et si vous tenez à regagner la métropole dans votre carcasse charnelle intégrale et sans rayures ni anicroches, il convient de respecter 4 règles essentielles :

  1. Piéton, vigilant partout tu seras surtout lorsque tu te crois en sécurité, c'est-à-dire sur les trottoirs et les passages piétons protégés par des feux !
  2. De direction tu ne changeras point si tu entends dans ton dos un impérieux coup de sonnette, ou une  puissante corne de brume, voire de mystérieux sons électro-acoustiques car l’auteur de ces signaux sonores te contourneras d’un côté ou d’un autre. Tout déplacement latéral risque d’être fatal !
  3. En descendant d’un bus, tu veilleras à ce qu’il n’y ait pas d’engins à 2 roues circulant à vive allure entre le bus et le trottoir … dans les 2 sens !
  4. Sur les pistes cyclables, tu ne marcheras point, tu ne stationneras point, tu les traverseras rapidement en prenant soin de regarder et à droite et à gauche et partout ailleurs et plus particulièrement sur le passage piétons qui est censé te protéger !

Attention,ça déboule à gros bouillons !

Pour information et selon les derniers tuyaux fournis par la police locale, le port du casque intégral, du gilet pare-balles, des genouillères, des protège-tibias et des protège-dents n’est pas encore obligatoire… mais ça ne saurait tarder ! Cependant tout cet attirail n’est d’aucune utilité contre les bus ou les voitures ! Qu’on se le dise ! Néanmoins, et il faut le dire, en 3 semaines je n’ai assisté à aucun accident de quelque genre que ce soit…. Et Dieu sait qu’il y a du monde sur le macadam, sur pattes, sur 2,3 ou 4 roues ! Ça grouille en tous sens dans une fluidité qui n’est pas sans rappeler des bancs de poissons qui se croiseraient sans se fracasser les uns contre les autres, le tout étant d’une grande plasticité au son d’un concert permanent de klaxons, sonnettes, grelots, avertisseurs, en tous genres ! Ça passe et ça ne casse pas. Seuls les occidentaux peu habitués à ce ballet si bien réglé, se font des peurs bleues lorsqu’ils font appel à leurs réflexes habituels. Ici, il faut momentanément débrancher votre logiciel « je marche dans une rue lyonnaise » (ou votre version spécifique si vous avez l’incongruité de vivre ailleurs que dans cette bonne ville de Lyon !) et télécharger rapidement le logiciel « je marche dans Shanghai et je veux rester vivant » que vous trouverez dans toute bonne boutique spécialisée !

Le prochain chapitre vous permettra de découvrir la plus grande gare circulaire au monde ! Oui, oui ! La journée du 22 juin n’est pas terminée…. Patience !