Chapitre 4 : 21 juin 2016 là où j’établis un premier contact avec la Chine !

18h30, aéroport de Pudong : Je retrouve enfin Jean Paul dans la cohue des arrivées. Il est content de me voir et moi aussi car sans lui je me serais senti bien seul au milieu de ce milliard de Chinois.

Nous sortons de l’aérogare climatisée et nous nous retrouvons le long de quais plongés dans la grisaille du niveau inférieur de l’aéroport, contrastant avec la luminosité et la propreté du hall d’arrivée. Les arrêts de bus sont numérotés dans une logique toute orientale qui met à l’épreuve notre cartésianisme congénital : ligne 7 (et là il faut connaître le chinois car c’est la seule ligne de bus dont le numéro est en caractère chinois en fait un 7 à l’envers) puis ligne 2, puis 8, puis 3, 4, 5… va comprendre ??? La ligne 7 rejoint directement la grande gare du Sud de Shanghai proche du campus universitaire où nous logeons.

Nous attendons le bus une dizaine de minutes. Il arrive et nous sommes très peu nombreux 4 ou 5, ce qui étonne Pilou. Nous prenons encore quelques passagers dans l’autre terminal.  Le trajet est prévu de durer une heure car la distance semble importante. Nous longeons la voie du Maglev dont une rame vient de nous dépasser sans bruit à grande vitesse. Pas le temps de dégainer mon appareil photo, qu’il a déjà disparu. Jean-Paul l’aperçoit pour la 1ère fois… depuis 5 ans qu’il vient à Shanghai ! Heureusement il y a Wikipédia et je peux vous le montrer au départ de l’aéroport, mais vous aurez droit à plus dans un prochain épisode, celui du 29 juin avec notamment un voyage à bord à 431 km/h ! Patience !

Le Maglev est un train à sustentation magnétique : version moderne du tapis volant- Source : Wikipédia/SMT

Une étonnante petite chinoise, toute ronde d’autorité, passe dans les rangées de sièges pour nous vendre les tickets de bus dès que tout le monde est installé. Après nous avoir remis un petit coupon sur papier tout chiffonné, elle va s’installer à son « guichet » où est branché un gadget électronique qui normalement sert à payer avec une carte magnétique. Elle occupe le premier siège après la porte centrale, d’où elle peut surveiller les descentes, agiter par la fenêtre son petit drapeau rouge à l’approche des arrêts de bus et encaisser les nouveaux passagers. L’utilisation  du drapeau rouge nous semble assez obscure : est-ce qu’il sert à signaler que le bus est complet, ou qu’il ne prend pas de passager, ou encore qu’il salut la mémoire du Grand Thimonnier MAO !

La route, plutôt les autoroutes qui nous conduisent au campus Universitaire, sont impressionnantes. Malgré un trafic très fluide, nous avons mis effectivement une heure pour rejoindre notre terminus. Mais tout le long de ce voyage, je suis étonné par le gigantisme des infrastructures de transport  tant ces innombrables autoroutes suspendues, voies ferrées, routes s’entrecroisent dans tous les sens dessinant un immense plat de spaghettis pour titans, affectant l’air d’un certain désordre …. mais savamment calculé. Les Lafarges, Bouygues, Vinci et autres Eiffage locaux s’en sont donnés à cœur joie tellement ça bétonne dans tous les sens et sur des distances défiant l’imagination …. Ils ont du vider le désert de Gobi de tout son sable . Et vu ce qu’ils réalisent ces Chinois, ils en sont capables !

 

Bref, nous arrivons à la Gare du Sud de Shanghai, où il y a en fait deux gares, cette des trains et celle des bus. Il fait nuit et je ne découvrirai que le lendemain le gigantisme des installations. Le campus universitaire n’est pas loin, mais Jean-Paul qui prend pitié de mes 24 heures de voyage nous fait monter dans un autre bus de la ligne 50. Jean-Paul paie avec sa carte magnétique et tend un billet au conducteur qui n’a pas de monnaie. Il nous laisse voyager ainsi… il paraît que les Chinois de base ont un rapport assez souple avec la loi… en somme se sont un peu des Latins comme nous et ça se vérifiera souvent. Les navettes, les bus sont hyper climatisés ce qui rend la sortie à l’air libre comparable à l’entrée dans une étuve.

19h30 : Arrivée sur le campus, il fait nuit et ça me semble immense et très verdoyant dans une atmosphère toujours aussi moite ! Coup de fil de Pilou à un de ses animateurs, mais pas sur le campus. Il est parti courir le guilledou paraît-il. Donc je n’ai pas de clé pour ma chambre. Pas grave du tout, nouveau coup de fil à Shanice autre animatrice de l’équipe de la Chine au cœur. Elle se débrouille pour trouver ma clé d’ici un moment, le temps d’aller casser une petite croûte made in Shanghai.

Voici une vue complète du campus et nous logeons dans le bâtiment portant le n°3

Cynthia, une autre animatrice nous rejoint pour aller manger « en ville », c'est-à-dire  en dehors du campus… pas loin car il y a d’innombrables échoppes, estaminets, boutiques et gargotes qui proposent de la nourriture en tous genres. Il est 21 heures lorsque nous mettons les pieds sous la table d’une gargote qui s’apprêtait à fermer car 21 heures c’est tard pour manger ici. Au menu : délicieux raviolis, poulet caramélisé avec ses pommes de terres tout aussi délectables et pommes de terre à nouveau mais frites, le tout arrosé d’une bière chinoise ; ce qui nettement supérieur à la bouffe  d’aéroport et de KLM réunis !

J'aurais aimé vous mettre un lien vers une vidéo réalisée dans ce restaurant, mais il paraît que mon format de vidéo n'est pas compatible. Je vais chercher une solution !

22 heures : retour sur le campus où Shanice a pu trouver la clé de ma chambre : elle porte le N° 1357, donc je suis au 12ème étage car ici on compte les étages à la mode anglo-saxonne : F1 étant le RDC, et de ce fait le F13 est le 12ème étage pour nous. F en lettre latine veut dire « FLOOR » ce qui signifie en anglais « sol ou plancher » et nous le trouvons partout ce F pour désigner l’étage tant dans les magasins que dans les ascenseurs, gares et stations de métro. Par contre si vous voyez B2, cela signifie 2ème sous-sol ! Je n’ai pas la signification anglaise du B, je suppose « basement » qui signifie en anglais sous-sol.

Je rejoins donc ma chambre où la Chine au cœur a bien fait les choses : chambre climatisée à 27°, boissons fraîches dans le frigo  et eau chaude pour la douche, lit fait nickel chrome ! Le temps d’ouvrir une bouteille d’eau,  de passer sous la douche et de m’allonger sur un lit au matelas très ferme mais confortable… je m’endors sans demander mon reste.

Chapitre 3 : 21 juin 2016 là où je finis par atterrir !

0h50 : Pendant mon demi-sommeil, KLM a dégotté un 747 en état de marche et me voici maintenant embarqué pour de bon, fatigué mais déjà tout excité de toucher du doigt bientôt ce vaste pays d’Orient ! Shanghai à nous deux !

15h25 : (heure de Chine) soit 9h25 heure de Gréoux. Encore 2 heures de vol au dessus de la Chine depuis un moment déjà. Nous avons successivement survolé l’Europe du Nord : Pays Bas, Danemark, la Suède, la Mer Baltique, l’Estonie, la Russie, la Mongolie puis la Chine.

Visualisation sur cette image tirée de Google Earth du trajet : tirez une diagonale du coin inférieur droit de l’image au coin supérieur gauche et vous aurez grosso merdo le parcours effectué en 10h35 auxquelles il faut en rajouter 4 à glander à Schipol !

Nuit éprouvante, peu dormi, un peu somnolé mais j’avais eu la bonne idée de réserver ma place par internet une place tout à l’avant de la cabine ECO, à hauteur des portes de sortie, il est vrai moyennant 80 € supplémentaires (dépense que je n’ai pas regrettée, car j’ai pu allonger mes guiboles bien empaquetées dans des mi-bas de contention).

J’ai pu voir un film d’action américain London has fallen ou in french : la chute de Londres, tout fraîchement sorti des cerveaux botoxés, cocaïnisés et bodybuildés des scénaristes d’Hollywood ! Vision américaine plus caricaturale du monde,  tu meurs ! Difficile de se brancher pour écouter la version française, j’interpelle l’hôtesse qui regarde l’écouteur avec une fiche unique et s’en va. Elle revient 2 mn plus tard avec un écouteur avec 2 fiches…et ça va tout de suite mieux.

 Bref il faut bien passer le temps et comme tout l’avion est plongé dans la pénombre, je ne peux pas lire sans illuminer le visage de mon voisin qui dort. En effet la loupiotte est mal orientée et comme je suis un bon petit gars, je n’insiste pas. En effet depuis le début du vol, c'est-à-dire dès que nous avons atteint une altitude de 10 000  mètres, j’ai vu les hôtesses baisser un à un tous les petits volets des hublots, car à cette altitude, le soleil est brillant, si blanc, si violent que nous n’aurions plus de pupilles, plus de rétine, plus de cornée en arrivant ! Avouez que ce serait ballot, moi qui fais ce long voyage pour justement voir la Chine ! Vous me direz mais c’est la nuit…. Ben pas tant que ça parce que nous allons vers le lever du jour, mais aussi en passant relativement plus au nord que dans nos latitudes habituelles, le soleil arrive plus tôt ! (la preuve c’est qu’en été le soleil ne se couche presque pas au-delà du cercle polaire).

Distribution de plaids comme pour rappeler notre bon vieux lit resté au sol ! Mais plaid ou pas plaid…. Je n’arrive pas à dormir mais de bonnes fées veillent sur moi, les hôtesses m’apportent régulièrement un verre d’eau ou de jus d’orange pendant que ça roupille partout dans la carlingue ! Aussi pour me dégourdir les pattes, je me lève, va et vient, fait le tour de des couloirs du zinc !

A 8h30, heure française, soit 14h30 heure chinoise, la cabine s’est éclairée, les passagers se réveillent les coins (oui ce sont vraiment des petits coins) toilettes connaissent subitement une affluence de jour de marché !

Un repas nous est servi en mode avion : c’est vraiment ce que préfère dans un voyage, être coincé dans son siège, tenter de faire sauter ce putain d’emballage plastique, sans renverser la boisson sur le plateau du voisin, découper un truc infâme appelé viande avec un couteau plastique sans en envoyer un morceau sur la jupe de la voisine  et sans casser le couteau tout en continuant à surveiller d’un œil inquiet sa boisson  contenue dans un gobelet instable …. Walou ça demande de l’esspérience , comme dirait Didier DESCHAMPS, vous savez le footeux qui ne sait pas que l’alphabet compte 26 lettres dont le X.

Vous voulez le menu, des fois que ça vous donnerez envie de pique niquer à 11 000 mètres ! Crudités indéfinissables – on dirait du chou – poulet aux champignons et pointes d’asperges, riz – un avant goût de ce qui m’attend  – fromage hollandais et profiteroles – attention il y en a une qui va finir sur la moquette – le tout arrosé d’une topette de vin rouge d’Afrique du Sud ! Du syrah, 13° pas mal finalement !

Ça vous dit, demandez moi l’adresse de ce restaurant par mail, mais il vous en coûtera environ 800 € pour 2 repas comme ça, un à l’aller et bien sûr l’autre au retour !

Le repas expédié dans les profondeurs de mon estogome, un peu de ménage dans mon environnement immédiat Fatigué et impatient d’arriver,  il est l’heure de remplir sa carte d’immigration pour les services chinois et là bas ça ne rigole pas ! Comment on écrit son nom en chinois ? Je ne sais pas et je fais comme d’habitude …. Ils se débrouilleront avec ça !

17h30 heure locale : les pilotes hollandais posent dans une douceur infinie les 400 tonnes du mastodonte moins les 200 000 litres de kérosène soit 150 tonnes, il reste 250 tonnes dont 50 de passagers, bagages, plateaux repas, papier toilette, plaids, écouteurs, hôtesses et pilotes. Les poids sont indiqués à la louche mais les ordres de grandeurs sont ceux là ! Et en plus Ce gros machin – le Boeing 747 – ça ne consomme presque rien : juste un peu plus de 16 litres au kilomètre soit par passager 0.032 litres c’est dire moins qu’une dose de whisky ! Soit aussi environ 35 litres pour 11000 km … pas énorme ! En whisky si …  enfin pas pour tout le monde !

 

Ça impressionne non ? Surtout pour moi qui cherchait comment prendre mon avion en photo alors que j’étais dedans et que j’aurais bien voulu être dehors pour le photographier mais heureusement il y a Glouglou !                                                                                                             (source photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:KLM_747-400_City_of_Lima_PH-BFL_(4636336032).jpg

Et pour apprécier pleinement les qualités nécessaires pour piloter ce géant, une petite vidéo de 9 minutes qui montrent quelques atterrissages difficiles de 747 : https://www.youtube.com/watch?v=d4mpj9YywIg

Nous descendons de l’avion sur le tarmac pour prendre des bus et là tout de suite je suis plongé dans cette atmosphère si particulière faite de chaleur, d’humidité et d’une lumière ouatée, par une sorte de brouillard… et ça va durer tout le temps de mon séjour ! Ambiance mousson et pollution : les deux mamelles de Shanghai.

18h30 (ce qui fait 12h30 heure française donc 23 heures que je suis parti) : les formalités sont accomplies dans le plus grand sérieux. Ici on ne rigole pas avec la sécurité. Les contrôles sont multiples : police, immigration avec prise de 2 photos au moment de la présentation du passeport et de la fameuse fiche dont il faut impérativement garder un volet à présenter au départ dans 3 semaines, contrôle de la température corporelle par les Services de Santé et de la Quarantaine – attendez je vous vois venir : non il n’y a pas de distribution de thermomètres aux 500 passagers, mais passage sous un portique comme pour la détection des armes – puis récupération de mon sac à dos … oui il est bien là, nous nous retrouvons heureux car nous nous étions quittés à Marseille et comme il disparaît chaque année 22 millions de bagages dans les aéroports (chiffre qui a doublé en 10 ans)… il y avait comme une certaine probabilité qu’il ne soit pas là …. Donc tout va bien, formalité des douanes accomplies – passage des bagages au scanner une nouvelle fois.

Le SMS du frangin m’indiquait  RDV à la sortie après les douanes je pars à la recherche du Pilou !  (diminutif de Jean Paul).

Un des des deux terminaux de l’aéroport de Pudong, il y en a un autre en face sur la droite (Source : GuideTrip.com)

 

Entre les deux terminaux, le bâtiment de liaison qui sert aussi d’accès au métro et au MAGLEV (train à sustentation magnétique pouvant atteindre les 500 km/h, 431 en vitesse de pointe commerciale soit 7 minutes pour faire les 30 km qui séparent l’aéroport de la ville.     (Source photo : http://fr.avia.pro/blog/aeroport-pudun-kitay-otzyvy)

 

Aéroport vu côté tarmac…. On ne voit pas tout le bâtiment et en plus il y a le même en double en face sur la droite ! Tout simplement pharaonique ! (source photo : http://www.copybook.com/airport/companies/vanderlande/articles/vanderlande-industries-contract-for-baggage-handling-systems)  et ce n’est pas fini car les Chinois voient grand – Voir photo suivante -

 

Photo montage de ce que sera l’extension de l’aéroport prévue pour 2020 avec un objectif de 80 millions de passagers et d’être le premier hub d’Asie avec 100 portes d’embarquement …. On est loin des chiffres de Lyon St Exupéry avec ses 8 petits millions de passagers !     (Source photo : http://www.passengerterminaltoday.com/viewnews.php?NewsID=55795)